Lundi 24 mars après-midi au Musée d’Art Moderne de Nice (MAMAC),
l’heure est à la musique pour le Collège et Lycée de l’Alliance de Nice.
Toute l’école a déserté les bancs quotidiens de l’établissement pour
envahir l’amphithéâtre de ce haut lieu culturel niçois.
Au programme : fidélité au projet éducatif et récréation
musicale.
Pour la 5e édition du concert de guitare, Luis
Saldivia Vega, fort de son expérience de chef d’orchestre et metteur
en scène de spectacles pour le Collège de l’AIU azuréen, avait remisé sa
baguette de virtuose classique de la guitare pour diriger une « bande de
garçons dans le vent », allusion au Beatles, le groupe mythique des années
60.
Oh, bien sûr, la tradition fut respectée. Et le répertoire
classique fut interprété tour à tour par Rebecca Harrosch,
élève de 4e qui a laissé courir ses doigts avec maestria sur le
piano sur l’air d’un « Solfeggino » de J.S Bach. Mickaël Sportes
de la classe de 5e a préféré au clavier le manche d’une guitare
que n’aurait pas déprécié le grand interprète Alexandre Lagoya. Et si
les puristes auront remarqué ci et là quelques novations harmoniques sur
la partition originale, c’est la fraicheur et l’intense concentration
qu’il faut ici saluer comme le signe d’un réel tempérament artistique. A
ces élèves, il faut ajouter un fidèle entre les fidèles des
concerts annuels organisés par l’école, l’élève Johan Thuillier qui,
une fois de plus, a ravi l’auditoire avec un « Faz hoje un ano », une
pièce du folklore brésilien. Pour conclure la journée, c’est l’Atelier
musical du Collège dans son ensemble qui a terminé le programme avec
divers morceaux classiques.
Puis vint le moment attendu par le public et tous les interprètes avec une
ouverture éblouissante de Jonathan Amar au piano. Et ce fut sur l’air
de « Yesterday » des p’tits gars de Liverpool que la « Beatlestime » a
commencé. Enthousiastes, inspirés..., public et interprètes sur scène ont
partagé un « tea time » artistique exceptionnel. De Let it be
à Hey Jude, tout le monde a scandé refrains et mélodies
britanniques avec un entrain si communicatif que même la régie son du MAMAC
résonnait elle aussi du rythme mené tambour battant par un Luis
Saldivia désormais converti à la mesure binaire de « garçons dans le
vent » !
Paradoxalement, la conclusion de cette journée apparemment exceptionnelle
tient au caractère volontairement « ordinaire » du Collège et Lycée de
l’Alliance. En effet, la mission de l’Alliance Israélite Universelle a
toujours été de défricher le milieu scolaire et de dépoussiérer les
poncifs et méthodes pédagogiques obsolètes. Ce jour-là, les pères
fondateurs pouvaient être fiers de ces élèves niçois. Ils ont joué leur
partition sans fausse note.
Avraham VANWETTER,
Professeur d’Histoire du Collège-Lycée de l’Alliance