'Hidon hatana'h 2009
8ème édition

Pourim et concours biblique au Collège et Lycée de l’Alliance

Eduquer et transmettre

La fête de Pourim – et c’est là tout son sens – renouvelle chaque année le principe du choix de vie et de comportement que nous devons adopter. Hier à Suze, aujourd’hui en France,  les juifs sont soumis à diverses pressions liées à l’affirmation – peu ou prou – de notre identité. Au collège et lycée de l’Alliance de Nice, le Hidon HaTanah (concours biblique) incarne l’engagement de l’institution très largement séculaire à mobiliser jeunes élèves et parents autour de cette simple question : que puis-je faire pour construire un avenir commun avec mes frères et partager mon questionnement identitaire dans le respect de leurs différences ?

Mercredi 11 mars, à l’occasion de cette huitième édition 2009, le Mamac a retenti des questions posées par un jury constitué de 3 personnalités, à des élèves préparés depuis plusieurs semaines par leurs professeurs.. De la 6e à la 3e, ils se sont affrontés dignement durant près de 3 heures devant l’ensemble de leurs camarades dans la salle surchauffée de l’auditorium du musée niçois.

A la fin, trois lauréats ont conquit le public, 2 ex-æquo Mlle Rebecca Harrosch (3ème) et Raphael Abitan (4ème) ont emporté le premier prix, Mlle Abigaïl Zemour (3ème), le troisième prix. Un signe de vitalité intellectuelle et d’engagement scolaire.

Mais ce qu’il est intéressant de retenir est d’ordre pédagogique. En effet, le monde de l’éducation d’aujourd’hui a plutôt tendance à raccourcir les programmes scolaires ou niveler l’information au rang d’un échange modeste. A l’Alliance, l’enjeu est tout autre. Il s’agit de prétendre à l’exigence de l’étude et à la transmission du savoir : quel que soit son niveau initial.
Le résultat flirte avec le sens étymologique de l’éducation, à savoir : "guider, conduire hors... ".  Car si tous les élèves ont su nous guider  au  travers  de  notre  histoire,

ils ont réussi à nous conduire hors du sentier sans cesse remâché d’une héroïne qui sauve un peuple..., mais nous interpeller sur une des seules réflexions  qui  vaillent :  "suis-je concerné par les traditions  d’un autre âge ou dépositaires d’une carte qui mène au trésor de la Torah, la Bible de tout un peuple ? ". A chacun son masque pour Pourim et à chacun sa définition de l’événement, mais il demeure une chose intangible pour le peuple juif : tout commence par l’étude et tout finit par une question !
Au final bien sûr, il y eut des
gagnants. Tout d’abord les concurrents en lice. Mais aussi tous ceux, professeurs, invités et élèves, qui ont envie de perpétuer ce "coup du sort" qui fait de Pourim un carnaval intellectuel où triomphe l’esprit et pas seulement la taille de la "grosse tête" !!

Et comme pour souligner le principe  d’ "un esprit sain dans un corps sain" (Juvénal - Extrait des Satyres), après l’effort, du sport. Accompagnés par  Mlle Duhaut, leur professeure d’espagnol et M. Vanwetter, d’histoire et géographie,  les élèves de 3e ont terminé  leur journée au bowling d’Acropolis de Nice en se réjouissant d’une fête où leurs enseignants finissent par "tomber les masques" et affichent des scores  sportifs plutôt modestes.

Mais n’est-ce pas cela le sens de Pourim : ne gagne pas toujours celui qu’on croit ?

Avraham Vanwetter
Enseignant d’Histoire et Géographie