VOYAGE EN POLOGNE DU LYCEE DE L'AIU

5 au 9 mars 2006

 

Séminaire de préparation au voyage en Pologne des élèves du collège lycée de l’Alliance à Nice.

Rencontre avec M. Gottlieb, ancien résistant et déporté.

C’est avec une grande émotion que nous avons écouté le témoignage de M. Charles GOTTLIEB… Ce rescapé des camps de concentration nous a livré ses souvenirs douloureux, reflet de la cruauté des nazis.

M. GOTTLIEB est né le 25 octobre 1925. Il est arrêté le 27 juillet 1944 à Lyon par le PPF (Parti populaire Français) puis emmené à la Gestapo et enfermé dans une cave. Vers 4h du matin, les allemands viennent sortir des prisonniers pour les fusiller. Lui n’en fait pas partie mais il est questionné, frappé, torturé pendant quatre jours.  

Le 11 août 1944, il est déporté à Auschwitz-Birkenau, transporté, non dans des wagons à bestiaux, mais exceptionnellement dans les wagons voyageurs normaux, ce qu’on pourrait considérer comme « un privilège ».

A l’arrivée au camp de la mort, on les pousse, on les met en rang …« A Auschwitz », nous dit M. GOTTLIEB, « on rentre par la porte et on sort par la cheminée ». En effet, là bas, 1000 à 1500 personnes sont gazées puis brûlées par jour ! L’odeur infecte de chair brûlée y est constamment présente. En ce qui le concerne, c’est à partir de ce moment qu’il perd son identité, et qu’il devient un simple numéro B9664, marqué sur sa peau définitivement. 

« LA VIE » au camp de la mort :

M GOTTLIEB est « logé » dans le bloc n°14 A. Ils sont réveillés à 4h du matin pour un compte pouvant durer plus de quatre heures. Ceci est d’autant plus dur que le temps est froid en Pologne. De nombreuses personnes meurent dans ces conditions. Faire durer la souffrance, c’est « le bon plaisir des S.S ». A l’entrée des camps, est écrit en allemand « le travail, c’est la liberté. » Un peu plus loin, sur une estrade, des musiciens déportés jouent. C’est ainsi, qu’en ayant pris comme seul petit déjeuner, une louche de « café », les déportés travaillent toute la journée, rués de coups. Souvent, ils doivent creuser des tranchées sans avoir mangé,  très affaiblis, et avec très peu de moyens. M. GOTTLIEB nous répète que « c’était tellement dur… ».

Les SS pouvaient aller jusqu’à balancer un homme dans le fossé et demander aux autres déportés de l’enterrer vivant. Le déjeuner était en général une « soupe » ou plutôt un liquide chaud avec quelques épluchures, mais la faim les faisait manger n’importe quoi, même ce qu’ils appelaient du pain (farine noire), des écorces d’arbre…

L’hygiène n’existe pas, les déportés ne sont plus des êtres humains, « on ne nous laisse jamais tranquille. » Ne supportant plus cet enfer, de nombreuses personnes se donnent la mort sur les barbelés électrifiés. Le camp d’Auschwitz est libéré par les américains en 1945. M. Charles Gottlieb est rapatrié. Il pesait 38kg. 

Nous le remercions encore une fois de nous avoir parlé de cette période de sa vie. Ce récit n’égalisera jamais ce qu’il a vécu.

Hava Abitan – Classe de seconde

 

VOYAGE DE LA MEMOIRE EN POLOGNE

 PROJET SCOLAIRE « ZAKHOR AL TICHKA’H » DU LYCEE DE L’ALLIANCE  NICE

 Carnet de route

 Dimanche 5 mars 2006

Notre premier contact avec la Pologne se fait avec la visite du mur du ghetto de Varsovie, par un froid glacial auquel nous ne sommes pas habitués, nous les niçois. Ce mur a été construit par des juifs sous la contrainte des nazis en Octobre 1940 pour les tenir à l’écart du reste de la population de Varsovie. Le guide nous raconte les conditions sordides du camp, les souffrances, la faim, le surpeuplement, les maladies et le désespoir qui nous renvoient au film « Le Pianiste » que certains d’entre nous ont vu.

Toutes ses informations nous font « froid au dos ». La visite continue et on s’arrête à la  place ou les nazis rassemblaient les juifs pour la déportation le Oumchlagplatz (ou point de transfert). A partir du 7 Juillet 1941, 7000 juifs par jour furent déportés. On commence à prendre la mesure des atrocités qui ont été perpétrées contre les juifs dans cette ville.

On poursuit notre parcours en nous arrêtant  à différents endroits ou ont été érigés des monuments dans ce que fut autrefois le ghetto.

La rue Mila au n°18, c’est là ou s’est préparée la révolte du ghetto, le premier soir du sédér de pessa’h  1943.

Notre guide Emmanuel Lesgold nous a fait entendre un « ma nichtana » מה נשתנה si émouvant que les larmes nous envahissent.

Il nous a raconté l’histoire d’un Rav qui étudiait, enseignait la tora, encourageait et soutenait la révolte dont faisait partie un jeune du nom de Mordeh’ai Anilevitch.

On les considérait comme Rabbi ‘Akiba  et Bar Kokhba dans leur génération.

Lundi 6 mars 2006

Nous prenons le car en direction de Tykocin en vue de visiter la magnifique synagogue du chtetel qui existait auparavant.Sur la route, nous voyons une partie du film « un violon sur le toit » pour mieux comprendre l’esprit du chtetel (mode de vie, traditions, organisation de la vie en communauté…).

A l’intérieur de la synagogue, une maquette nous permet d’imaginer encore mieux  l’allure qu’avait le chtetel.

Tous les juifs du village ont été fusillés par les hizan gruppen …Pour créer l’ambiance ,le guide nous fait écouter une chanson en yiddish de Avraham Fried et nous lit la prophétie  de yehezkel –les ossements desséchés-…

Ceci terminé, nous partons en direction de TREBLINKA à deux heures de tykocin.

C’était un camps spécifique pour le massacre mais ensuite il fut entièrement rasé,encore un fait de la lâcheté et la cruauté des nazis.Ainsi nous ne voyons rien de ce qui avait été un lieu de massacre pour des milliers de juifs.

Nous ne voyons pas les fours crématoires ou autres, seulement des pierres au sol, alignées l’une après l’autre et représentant les rails sur lesquels ont été transportés 750 000 juifs de v

Varsovie. Ces 750 000 vies ont été détruites ( 7500 morts par jour).

Des monuments ont été érigés représentant différentes communautés exterminées par les nazis, notamment  une stèle à la mémoire du docteur Janus Korcjak , ce médecin courageux qui a choisi de partir à la mort avec ses jeunes orphelins qu’il protégeait alors qu’il pouvait avoir la vie sauve.

Glacés par le froid, nous retournons à l’hôtel après cette journée riche en émotions.

 

TEMOIGNAGES D'ELEVES

 Nous vous remercions du fond du cœur, pour nous avoir raconté votre vécu, qui nous a profondément ému et bouleversé. Vous avez un très grand courage, pour nous faire partager vos pénibles épreuves. Nous ne pourrons jamais comprendre votre souffrance, et votre douleur. De nouveau un grand merci. A bientôt. (Parienti Maïna)

Merci beaucoup pour ce témoignage si intéressant et émouvant. Votre histoire nous a énormément touchés et ce fut un plaisir d’écouter votre vécu.

Encore merci. (Haya Habib)

 C’était un témoignage plein de suspens et d’émotion, merci pour tous et à une prochaine fois.  (Isaac Bensimon)

 Ce fut un témoignage enrichissant et très intéressant. Votre histoire nous touche énormément, surtout qu’étant juif, nous avons une sensibilité particulière, nous vous remercions et espérons vous revoir bientôt. (Eden Elbeze, Déborah Bénizri, Emilie Marmol)

 Un énorme merci pour ce témoignage émouvant. Votre récit nous a beaucoup touché et mis au bord des larmes.

Il est le reflet de la cruauté des nazis…

Encore une fois, je vous remercie de nous l’avoir fait partage. (Hava Abitan)