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19 sept. 2007 |
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La nécessité d’un « exercice de mémoire » qui se conjugue au présent, passé et futur Conférence sur les Juifs de Saint-Martin-Vésubie au Collège-Lycée de l’Alliance de Nice Chapeau :« Nous sommes le 19 septembre 2007, soit 10 jours et 64 ans après ce qu’il est convenu d’appeler l’exode des juifs de Saint Martin Vésubie. » Nous sommes quatre apprentis-journalistes sollicitées comme témoins et rédactrices pour rapporter les propos d’une conférence sur la « Marche de la Mémoire de Saint-Martin-Vésubie ».
Alors, quid d’un exercice de mémoire, du passé et du présent qui se télescopent..., des notions bien connues des élèves du Collège-Lycée de l’Alliance de Nice. Mais cette fois-ci, comme d’ailleurs les fois précédentes, nulle routine dans cette commémoration du souvenir. A l’initiative de Shlomo BOTBOL, le directeur, plus d’une soixantaine de collégiens accompagnés de leurs professeurs se sont rassemblés.. Au programme de cette réunion, une conférence orchestrée par M. Avraham VANWETTER, professeur d’histoire et géographie du Collège. Il relata la tragédie de la fuite des juifs de Saint Martin Vésubie les 8 et 9 septembre 1943 devant l’avancée des nazis qui avaient franchi le Var pour occuper le département des Alpes-Maritimes jusque là aux mains des italiens. Et s’il rappela la souffrance des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui gravirent les 1407 mètres qui culminent au sommet du Col de la Fenestre alors que le froid saisissant à cette altitude gelait les corps affaiblis de juifs en sursis, il précisa aussi la vie de cette communauté forte de plus de 1000 personnes environ assignées en résidence dans ce village du haut pays de la Vésubie qui vinrent s’ajouter au millier de saint-martinois. La conséquence d’une singularité transalpine, disent certains historiens qui notent que l’occupant italien savait se montrer plus tolérant et souvent sourd aux appels antisémites de l’allié allemand et des collaborateurs zélés du régime de Vichy. Une disposition réellement miraculeuse qui aura permis aux juifs, par exemple, de recréer le « Shtetl-de-la-Vallée » avec une synagogue, un Talmud-Torah grâce auxquels furent célébrés des mariages et Brit-Milot. Une attitude exceptionnelle face à la déferlante génocidaire de l’Europe nazie. Mais l’orateur devait reconnaître aussi que la délation gratuite ou récompensée par les allemands ou la milice française tournait, là comme ailleurs dans l’hexagone, à plein régime. Et alors que le 8 et 9 septembre 1943, les juifs de Saint Martin Vésubie rejoignirent les hauteurs du village pour s’enfoncer dans la nuit, le froid et la peur des patrouilles allemandes jusqu’à la frontière italienne via le Col de la Fenestre, ils parvinrent malgré tout dans leur grande majorité à survivre à cette folle ascension. Et à la question d’un élève sur la déportation de centaines d’entre eux, M. VANWETTER pût conclure sur l’issue tragique des 330 juifs qui se cachaient aux alentours du versant italien du Mercantour ou avaient trouvé refuge chez l’habitant. Car après la chasse et la délation..., les nazis usèrent de la menace de représailles sur la population italienne s’ils ne livraient pas les juifs survivants. Là commence la tragédie : 349 se rendirent, 19 s’échappèrent et 330 de ces rescapés de Saint Martin Vésubie furent déportés vers Drancy, dernière étape avant l’horreur d’Auschwitz. Ils furent seulement 4 à survivre et à revenir de l’enfer. Autre question de collégien : « ...et les autres ? » En effet, si plus d’un millier ont franchi le col et qu’ils furent plus de trois cents à finir dans les mains des criminels nazis, l’exode du Mercantour a permis la fuite de plus de 600 d’entre eux. Un bilan qui demeure terrible mais dont la survie d’une large majorité souligne la victoire de l’espoir sur la résignation. A y regarder de plus près, il y eut peu de questions des collégiens à l’issue de la conférence. Etait-ce la dimension du drame, la promesse du professeur de « débriefer » la conférence avec tous les élèves qui furent à l’origine de la faible réaction... ? Ou était-ce simplement l’empathie d’enfants saisis par la proximité géographique de cet exode et du caractère « fraternelle » des victimes ?? Peut-être une réponse parmi d’autres avec l’illustration qui conclut le propos de M. VANWETTER devant tout un collège : « dans sa leçon philosophique sur le KUZARI de Juda HALEVI (1085-1138), le Professeur Benjamin GROSS[1] de l’Université de Bar-Ilan (Israël) nous enseigne, entre autres choses, l’obligation qui est faite aux juifs de concrétiser l’intention par l’action. D’où cette nécessité d’ajouter à la commémoration, l’obligation du recueillement et, pourquoi pas dans deux ans, une participation pédestre à l’ascension du Col de la Fenestre dans les pas de ceux d’hier qui ont ouvert le chemin de l’espoir... Un article coécrit par mesdemoiselles Myriam ABITAN, Aurélie AOUATE, Léa ELKRIEF et Judith GUENOUN. Elles participent au programme de l’Enseignement des Médias Du Collège-Lycée de l’Alliance de Nice et du CLEMI (Centre de Liaison d’Enseignement des Médias et de l’Information) de l’Académie de Nice. [1] Ancien Doyen et professeur de philosophie de l’Université de Bar-Ilan, traducteur et auteur de plusieurs ouvrages sur le Maharal et autres figures du judaïsme. |