Les auteurs du texte fondateur de l'alliance israélite en 1860      

 

                                   

Rappel Historique                             Héritage du passé

1860

avocat, collaborateur d'Adolf Crémieuxnormalien, poète et homme de lettresfils d'une longue lignée de rabbin, homme d'affairerabbin d'origine protugaiseancien élève de l'école normale supérieure, professeur de philosophie, militant de la séparation de l'église et l'étatingénieur des ponts et chaussées, pionner des chemins de fer, fondateur du journal "l'Opinion Nationale"

"Rassembler tous les cœurs généreux pour lutter contre la haine et les préjugés. Créer une société de jeunes israélites idéalistes et militants qui se sentiraient solidaires de tous ceux qui souffrent par leur conviction de juifs ou tous ceux qui sont victimes de préjugés quelle que soit leur religion. Faire enfin que la culture supplante l'ignorance de quelques fanatiques, pour le bien de tous. [....]

Si vous croyez que ce serait un honneur pour votre religion, une leçon pour les peuples, un progrès pour l'humanité, un triomphe pour la vérité et pour la raison universelle de voir se concentrer toutes les forces vives du judaïsme, petit par le nombre, grand par l'amour et la volonté du bien, venez à nous, nous fondons l'alliance israélite universelle."

extrait du texte fondateur de l'Alliance Israélite Universelle


1860 : NAISSANCE DE L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE

Le 17 mai 1860, dix-sept jeunes juifs français se réunisse au domicile parisien de l'un d'entre eux. Parmi eux, des médecins, des journalistes, des enseignants, des juristes, des hommes d'affaires ... autant de représentants de la bourgeoisie juive libérale de la fin de XIXe siècle, héritière des Lumières et de l'Emancipation, profondément patriote sans renier pour autant ses origines, également pénétrée des idéaux universalistes, attachée à la défense des droits de l'homme et déterminée à secourir les juifs victimes de la ségrégation et de la persécution à travers le monde. A l'issue de cette rencontre, six d'entre eux (C.Netter, N.Leven, I.Cahen, E.Manuel, A.Astruc, J.Carvallo) rédigent l'Appel de l'Alliance, texte fondateur de la nouvelle institution. Par ce texte, les fondateurs préconisent, pour reprendre l'analyse de l'historien Michaël Graetz, une synthèse des idées de 1789, d'égalité, de liberté et des droits de l'homme, et des principes du judaïsme.

Pour la rédaction de ce texte, il y a un grand absent : Adolphe Crémieux. Profondément déstabilisé par la récente conversion de ses enfants au catolicisme -à l'initiative de son épouse-, l'avocat nîmois, véritable instigateur de la fondation de l'A.I.U., n'a pas voulu apparaître au premier plan de ceux qui lançaient le projet.

Trois ans plus tard, en 1863, Adolphe Crémieux est porté à la présidence de l'institution.

"La distinction des croyances religieuses et des confessions ne pourra être opposée à personne comme un motif d'exclusion ou d'incapacité en ce qui concerne la jouissance des droits civiques et politiques, l'admission au emplois publics, fonctions et honneurs ou l'exercice des différentes professions et industries, dans quelques localités que ce soit. La liberté et la pratique de tous les cultes sont assurés à tous les ressortissants nationaux aussi bien qu'aux étrangers; et aucune entrave ne pourra être apportée soit à l'organisations hiérarchique des différentes confessions, soit à leurs rapports avec leurs chefs spirituels."

Avocat nîmois - Homme politique - Député - Ministre du gouvernement Gambetta - Père du décret qui confère collectivement la citoyenneté française aux juifs d'Algérie en 1870

PROTECTION DES MINORITES

L'égalité des droits pour toutes les minorités religieuses figure parmi les combats prioritaire de l'Alliance. Dès 1860, l'AIU intervient en faveur des chrétiens du Liban victimes d'émeutes populaires. En 1863, elle intercède auprès du ministre de la Justice espagnole pour des protestants emprisonnés pour propagande religieuse. Dans beaucoup de pays d'Europe, elle tente d'obtenir la grâce ou le sursis pour des malheureux protégés par aucune juridiction et aucune puissance. En 1878, une réunion des principales puissances se teint à Berlin faisant suite à la fin de la guerre russo-turque. Considérant que cet événement international peut fournir l'occasion d'aborder la question des minorités juives dans toute la Turquie d'Europe, l'Alliance y envoie une délégation. La question juive, sujet imprévu, est ainsi introduite à l'ordre du jour, avec une issue inespérée. Sur proposition de la délégation française, soutenue par l'Allemagne et l'Angleterre, les conclusions suivantes sont adoptées :

 

 

 

 

L'ACCES A LA CULTURE FRANCAISE ET A LA MODERNITE

Aux yeux des dirigeants de l'Alliance, l'accès à la culture est aussi une condition sine qua non de l'émancipation et participe du processus de "régénération" -terme compris dans l'acceptation de l'époque- qui a pour but de faire des juifs des citoyens modernes et éclairés, partout à travers le monde. La création d'écoles s'impose donc comme un corollaire indispensable à l'action d'aide et de soutien aux juifs opprimés. Ce projet éducatif est déjà inscrit dans l'Appel  de l'Alliance de 1860. En octobre 1862, l'Alliance ouvre sa première école à Tétouan, au Maroc.

LES GRANDES FIGURES DE L'ALLIANCE

Depuis sa création, des personnalités éminentes se sont mobilisés et continuent de se mobiliser autour de l'Alliance. Loin de la prétention d'être exhaustif, nous évoquons ici quelques grandes figures parmi des centaines qui auraient mérité d'être citées.

Parmi les Présidents et Vice-Présidents de l'AIU

1860-1863

Jules CARVALLO Ingénieur des ponts-et-chaussées, pionner des chemins de fer, fondateur du journal L'Opinion Nationale
1863-1866 Adolphe CREMIEUX Avocat au barreau de la cour d'appel de Nîmes. Député. Ministre du gouvernement Gambetta.
1866-1867 Salomon MUNK Savant orientaliste spécialiste des études sémitiques
1881-1898 Salomon GOLDSCHMIDT Oncle du baron Maurice de Hirsch
1898-1915 Narcisse LEVEN Avocat - Membre du cabinet d'Adolphe Crémieux.
1920-1935 Sylvain LEVI Orientaliste éminent, auteur d'une thèse remarquée sur le théâtre indien. Directeur de chaire de langue et littérature sanscrites au collège de France.
1936-1941 Georges LEVEN Fils de Narcisse Leven.
1943-1976 René CASSIN Juriste - Professeur de droit - Commissaire national à l'Instruction publique de la France libre à Londres. Vice-président du Conseil d'Etat et principal inspirateur de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Prix Nobel de la paix en 1965.
1976-1985 Jules BRAUNSCHVIG Diplômé de la faculté de droit de Paris et de l'Ecole libre des sciences politiques.
Parmi les Secrétaires Généraux
1860-1869 Léon NORDMAN

 

 

 

 

 

1869-1892 Isidore LOEB
1892-1934 Jacques BIGART
1934-1941 Sylvain HALFF
1946-1981 Eugène WEILL
Parmi les membres du Comité Central
des hommes politiques

des hommes de la haute administration publique

des hommes de l'armée

Albert CAHEN (inspecteur général de l'Instruction publique) - Louis KAHN (ingénieur général du Génie Maritime) - Isaïe LEVAILLANT (préfet) - René MAYER (président du Conseil) - Jules MOCH (député, ministre) - Eugène SEE (préfet) - Georges WORMSER
des financiers et mécènes

 

 

 

 

 philanthropes

André AMAR, L.R. BISCHOFFSHEIM, Abraham de CAMONDO, Philippe et Pierre de GUNZBOURG, Maurice de HIRSCH, E.S. KADOORIE, Henri de LAMBERT, Raymond LEVEN, André MEYER, Maurice et Franz PHILPPSON ...
des industriels, des négociants

des administrateurs

Emile DEUTSCH de LA MEURTHE, Pierre DREYFUS, André GOLDET, Ferdinand MEYER, Eugène PEREIRE ...
des juristes

des avocats

Léon LEHMANN (avocat à la cour de cassation), Raymond LINDON (procureur à la cour de Paris)
des intellectuels

 

 

 

 

des savants

Paul ALPHANDERY (professeur de sciences religieuses à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes), Robert BRUNSCHVIG (orientaliste, professeur à la Sorbonne), Samuel CAHEN (traducteur de la Bible), Henri DERENBURG (professeur à l'Ecole des langues orientales) Joseph DERENBURG (membre de l'institut), Edmond FLEG (hommes de lettres, président des E.I.F.), Fromenthal HALEVI (membre de l'institut), le rabbin JASTROW (auteur du célèbre dictionnaire d'araméen), Emmanuel LEVINAS (Professeur d'université, philosophe), André NEHER (professeur d'université, philosophe, écrivain), Salomon REINACH (membre de l'institut), Pierre-Maxime SCHUHL (professeur d'histoire de la philosophie), Georges WILDENSTEIN (critique d'art) ...
des rabbins

 

 

 

 

des responsables communautaires

Mayer CHARLEVILLE, Lazar ISIDOR, Meyer JAIS, Zadoc KAHN, Jacob KAPLAN, Israël LEVI, Maurice LIBER, Isaïe SCHARTZ, Julien WEILL ... Jacques HELBRONNER, Léon MEISS ...